L’Homme est déjà un techno-animal

Techno-animal
Faut-il s’effrayer ? Non. Rester vigilant ? Oui.

Au cours des dernières années, l’idée que nous allions fusionner avec la technologie a tranquillement fait son chemin dans la conscience collective. Cette idée s’accompagne bien souvent d’un sentiment de dégout et de peur. Pourquoi diantre voudrions nous que l’homme devienne un techno-animal ? Ce serait tellement inhumain…

Le fait que cette idée soit rebutante n’a rien de vraiment surprenant. L’imagination en vient rapidement à évoquer des images telles que les « Borgs » de Star trek, un avenir cauchemardesque ou les humains et les machines se fondent en monstruosités de chair, d’acier et de câbles.

Mais ne nous laissons pas leurrer par ces sombres fantasmes, l’homme animal technologique est déjà une réalité. L’intrication étroite entre l’homme et ses inventions sont dans sa nature. Et l’accroissement de ces augmentation ne prendra pas place dans un futur distant, c’est déjà en train d’arriver.

Pour observer cet attachement à la technologie, il n’est pas nécessaire d’aller bien loin. C’est partout, tout autour de nous dans les bus, les trains, au travail, à la maison, aux toilettes, jusque dans les lits, des gens regardant des écrans, vivants des vies numériques en parallèle de leurs vies ordinaires…

Dans le film Matrix, l’expérience est involontaire, outil de contrôle et d’oppression. Dans notre monde, elle est volontaire et principalement une question de liberté, d’expansion, et d’expression.

Comme Jason Silva (Shots of Awe) l’a récemment fait remarquer, ces appareils augmentent nos cerveaux comme le feraient des prothèses cognitives.

Dans sa dernière vidéo, Silva dit que nous devrions y aller mollo sur  les fans qui font la queue pour se procurer le dernier smartphone. Ce ne sont pas des choses triviales, des accessoires de mode, ce sont des mises à jour de l’esprit. Les derniers appareils intelligents accélèrent le traitement de l’information, organisent mieux nos pensées, nous connectent plus efficacement les uns aux autres.

Silva dit qu’un simple téléphone compresse le temps et l’espace dans une forme de télépathie assistée par la technologie. Les smartphones et autres objets connectés font la même chose. Mais le mot smartphone échoue à nous faire réaliser que la partie téléphone représente moins de la moitié de l’équation.

Se référant au livre de Andy Clark « Natural-Born Cyborgs », Silva dit: «L’esprit moderne émerge dans les boucles de rétroaction entre le cerveau et les outils que nous créons et l’environnement dans lequel nous les créons. Nous pensons par nos iPhones et les téléphones Samsung. Nous pensons sur Internet. Nous pensons sur les pages des livres « .

Ce n’est certes pas une fusion physique avec la technologie, mais en revanche certainement d’ordre psychologique.

Jason-Silva-Cognitive-Prosthetics-2Mais cette profonde union entre les cerveaux et les appareils n’est que l’étape la plus récente. L’homme à fusionné avec la technologie depuis le tout début, c’est plus ou moins son modus operandi. Nous respirons la technologie, elle vit en nous, nous vivons en elle.

Alors pourquoi ce concept nous semble-t-il si étranger ?

Quand la technologie est acceptée et absorbée dans la culture, nous ne pensons plus à elle comme à de la technologie. Imaginez vous tranquillement assis dans un café, que voyez vous ?

Des assiettes, des tasses, des ustensiles, des sacs à dos comme autant d’extensions de nos bras, mains, doigts. Chaises et vélos comme extensions et augmentations de nos dos et jambes. Les vêtements fourrures prothétiques, au nom de la pudeur mais aussi pour la chaleur, le camouflage, le signalement sexuel. Les lunettes sont des prothèses oculaires. Journaux, livres et bloc notes sont des prothèses cognitives.

Et tout ceci sans même mentionner les objets les plus évidents, ordinateurs portables, smartphones et tablettes. Pourquoi ces derniers sont-ils, comparés aux autres, si évidemment technologiques ? Parce que plus vieille est la technologie, plus nous l’incorporons complétement et plus elle est dure à voir en tant que telle.

Cette « techno-cécité » joue un rôle dans la façon dont nous approuvons certaines technologies et pas d’autres. Inquiets au sujet des réseaux sociaux et de l’addiction à internet, nous demandons, « Pourquoi les gens ne pourraient-ils pas tout simplement décrocher leur téléphone ou lire un bouquin ? ». Peut-être qu’un jour on se lamentera sur le temps que passent les gens dans la réalité virtuelle, la télévision est tellement plus saine…

En effet la technologie informatique est déjà très rapidement assimilée, je suis cerné par les gens absorbés par leurs appareils et à ce stade il est parfaitement sain d’équilibrer cet engouement avec une note de scepticisme.

Quels sont les aspects négatifs ? Ne risquerions nous pas de nous perdre dans nos propres créations ? De désorienter notre boussole morale et se laisser piéger sur les rails de l’addiction digitale ? Sans aucun doute.

Mais ce n’est pas une raison pour arrêter l’expérimentation technologique.

Nous sommes libres de prendre nos propres décisions quant à notre usage de la technologie. Si vous trouvez votre smartphone trop omniprésent, bannissez le de votre chambre. Laissez le dans votre poche lors d’un diner. Allez surfer, faire de l’escalade, du camping. Utilisez le intelligemment et ne le laissez pas vous diriger.

Peut-être que des technologies plus intégrées encore  comme les écrans-lentilles de contact, les appareils médicaux implantés, ou les interfaces cerveaux-ordinateurs nous déposséderont du volontaire « bouton off » mais c’est peu probable. Si une technologie apporte plus de désagrément que d’avantages, peu l’adopterons.

En attendant, choisissez l’étonnement plutôt que la peur et prenez un moment pour vous émerveiller de l’époque à laquelle nous vivons. Comme le dit Louis CK, « Meme le plus merdique des téléphones portables dans le monde est un miracle. »

Source : Singularity Hub

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